Le miel : la cicatrisation miracle (1/2)

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Les vertus cicatrisantes du miel

Certains reconnaîtront le miel pour ses qualités gustatives. D’autres le plébiscitent pour son intérêt cosmétique. Il est pourtant bien plus que cela ; un trésor naturel, regorgeant de vertus thérapeutiques diverses ô combien sous-estimées.

Parmi elles un caractère antiseptique notamment,  jouant un rôle non négligeable dans le processus de cicatrisation. En cause de cette mésestimation : nos sociétés contemporaines industrialisées, qui ont souvent délaissé l’utilisation des produits naturels ou les ont réduit à de simples plaisirs de bouche alors même qu’ils possèdent des propriétés médicinales étonnantes. Il me semblait donc primordial de rappeler les bienfaits remarquables du miel en matière de santé.

Ayant comme objectif de n’être pas totalement exhaustif pour ne pas être trop long, mais tout de même assez précis afin que tout un chacun puisse cerner le sujet, cet article sera scindé en deux partie. Je ferai donc un point théorique en évoquant quelques études et en vous définissant précisément  le processus de cicatrisation ainsi que les principes actifs présents dans le miel puis j’aborderais la pratique avec diverses applications concrètes du miel dans les protocoles de soins, du précurseur en la matière en France, le Pr Descottes, en passant par mes expérimentations en tant qu’infirmier libéral.

Nous verrons également quels sont les miels les plus indiqués à cet effet. La médecine redécouvre aujourd’hui les vertus du miel, ce médicament naturel aux multiples propriétés, pourtant l’un des remèdes les plus anciens dans l’Histoire de l’humanité, et j’ai plaisir à me pencher avec vous sur ce paradoxe fascinant.

Le miel thérapeutique ; les précurseurs …

Bien que l’usage du miel pour ses propriétés cicatrisantes dans les plaies infectées soit établi depuis l’antiquité, ce n’est qu’en 1934, que le professeur Zeiss attire l’attention sur la possibilité d’une action antibactérienne spécifique provoquée par des substances présentes dans le miel.

Gabert confirme en 1936 ce résultat par des analyses bactériologiques plus fines en concluant que le miel est « antiseptique ». Un peu plus tard, des études scientifiques ont vu le jour confirmant donc cet effet antimicrobien, notamment par le Pr Jonathan White Jr en 1962.

Ce dernier a ainsi démontré que son action inhibitrice était due à un dégagement dans le miel de peroxyde d’hydrogène, appelé plus communément eau oxygénée.

La cicatrisation ; qu’est-ce que c’est au juste ?

La cicatrisation est définie comme étant un processus par lequel une lésion tissulaire est réparée, un mode de guérison d’une perte de substance conjonctive survenant à la suite d’une lésion qui aboutit à un tissu conjonctif néoformé ou tissu cicatriciel, remplaçant le tissu conjonctif original. Elle est, autrement dit, une série d’événements qui restaurent l’intégrité d’un tissu endommagé, suite à une blessure. Il s’agit d’un processus dynamique, naturel par lequel le tissu vivant répare ses plaies au travers de phases successives.

Celles-ci, interdépendantes, sont au nombre de 4:

  1. la phase inflammatoire et vasculaire caractérisée par la coagulation, l’agrégation plaquettaire et la formation de caillot de fibrine ;
  2. la phase de bourgeonnement durant laquelle une croûte apparaît à la place du caillot et de nouveaux vaisseaux sanguins se forment ;
  3. la phase de ré-épithélialisation au cours de laquelle la matrice extracellulaire du derme se reconstitue ;
  4. la phase de remodelage : la cicatrice devient esthétique, structurée et fonctionnelle. »

Des propriétés cicatrisantes évidentes

Le miel est composé de propriétés diverses participant de près ou de loin au processus de cicatrisation. Voici donc les éléments qui en font sa composition : nous retrouvons tout d’abord du sucre ; principalement du fructose et du glucose qui composent environ 70 à 80% du contenu ; des acides aminés ; des acides organiques (acide gluconique notamment) ; responsable donc de son acidité et dont le pH est situé entre 3,5 et 5, des minéraux et des oligoéléments, des vitamines du groupe B particulièrement, des caroténoïdes et des polyphénols (flavonoïdes principalement, participant à réduire l’inflammation), des molécules volatiles (arômes) dont les doses dépendent de l’espèce butinée et dont les principes antibactériens ont d’ores et déjà été démontrés, et enfin des enzymes.

Parmi celles-ci, la glucose-oxydase (le peroxyde d’hydrogène) qui est un des principaux antimicrobiens.

C’est par la présence notamment de ces ingrédients actifs majeurs, que le miel possède trois propriétés pharmacologiques démontrées : antimicrobienne, cicatrisante et anti-inflammatoire.

Le miel face aux plaies : physiologie

Pour mieux s’imprégner de ce phénomène, un peu de physiologie s’impose. De quelle façon le miel agit sur les plaies ?

La peau, plus grand organe du corps est composée de 3 couches superposées qui sont l’épiderme, le derme et l’hypoderme. Et c’est sur toutes que le miel s’active.

Ce dernier agit de surcroît sur les plaies quelle qu’en soit l’origine : plaies post opératoires, brûlures, ulcères, boutons d’acnés, aphtes et autres escarres, et devient un rempart qui soutient et accompagne le système immunitaire par son action externe.

Il existe 3 grands effets biologiques du miel sur la plaie :

Le premier est son pouvoir osmotique. Le miel étant pauvre en eau, un phénomène d’absorption se produit, maintenant un environnement humide et acide propice à la cicatrisation (18% d’eau), et va de par cet effet osmotique, empêcher les germes de s’accrocher à la plaie ce qui va avoir pour conséquence de faire glisser les agents pathogènes vers l’extérieur.

Il permet également d’éliminer les débris nécrotiques du lit de la plaie, empêchant de ce fait l’adhérence des pansements, et protège le liseré de granulation favorisant ainsi le bourgeonnement cellulaire.

Le second est son pouvoir bactéricide. En effet, c’est par sa forte concentration en glucose – lévulose (80%) que le miel dévie les substances préférentiels des bactéries qui via la  transformation d’enzymes vont pénétrer le génome des cellules susmentionnées et ainsi détruire l’ADN. Une action tout à fait surprenante, ayant même un effet sur les bactéries multirésistantes.

Enfin, le troisième concerne son pouvoir antiseptique. La présence d’une enzyme « glucoxydase » (GOX) conduit à la formation d’eau oxygénée dans le miel. La réaction chimique liant le glucose et l’eau entraîne la formation d’acide gluconique et d’eau oxygénée (peroxyde d’hydrogène) anciennement appelé « inhibine », généré par la voie péroxydasique.

Celle-ci s’ajoute à une particularité ô combien importante ; sa libération progressive sur les 24 premières heures permet d’atteindre une concentration suffisante pour la désinfection des plaies.

Il est important de noter également que le miel contient des prostaglandines (hormones) qui vont lutter contre les inflammations au niveau des berges (pourtour de la plaie) et des muqueuses.

Conclusion avant la partie 2

Le miel retrouve peu à peu une reconnaissance qui était sienne au début du 20ème siècle. Il faut souligner l’effort de recherche de quelques personnalités du milieu médical qui ont rivalisé de persévérance afin qu’aujourd’hui nous puissions consommer et nous soigner au « naturel ».

Nier l’évidence des bienfaits de l’apithérapie serait donc une aberration au vu des nombreuses études et recherches menées. Les études sur la cicatrisation par le miel attestent formellement de la véracité de ses propriétés et de son activité sur des plaies, même lorsque les bactéries sont résistantes.

L’immunité du corps est renforcée et soutenue par le miel face aux risques de surinfections, fortement présent lors d’une blessure. Pour appuyer mes propos dans cet article, j’aurais exploité le versant théorique, les définitions, les études scientifiques et leurs démonstrations.

Une deuxième partie suivra, plus concrète cette fois puisqu’elle traitera de cas d’études scientifiques avérées et de mes expérimentations notamment, pour aider ceux qui portent un intérêt grandissant aux médecines alternatives mais demeurent encore hésitants à sauter le pas.

₁ : UNAF magazine, Apithérapie 2000, numéro spécial apithérapie p35
₂ : UNAF magazine, Apithérapie 2000, numéro spécial apithérapie p36
₃ : Dictionnaire médical de l’Académie de Médecine – version 2019
₄ : N.Cardinault Soignez-vous avec les produits de la ruche, Ed. Thierry Souccar 2016
₅ : Protéine filamenteuse du plasma sanguin qui contribue à la formation du caillot, lors de la coagulation
₆ : N.Cardinault Soignez-vous avec les produits de la ruche, Ed. Thierry Souccar 2016
₇ : Bien que son sens soit vaste, la physiologie qui est défini par l’étude du rôle, du fonctionnement de l’organisation mécanique, physique et biochimique des organismes vivants et de leurs composants, étudie également les interactions entre un organisme vivant et son environnement. C’est le sens voulu ici ; l’interaction entre l’homme et le miel.
₈ : Par granulation on désigne en dermatologie et en chirurgie la formation de nouveau tissu conjonctif dans le cadre de la cicatrisation, fortement irrigué par des capillaires (petits vaisseaux sanguins –  Dictionnaire médical de l’Académie de Médecine – version 2019
₉ : Dr Lechaux – Le miel et la cicatrisation des plaies- Article médical

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Auteur : Naïm Hanane

Infirmier Diplômé D’Etat (I.D.E) / Praticien en ventouses (Hijama) / Blogger et intervenant sur le site Miel et vertus.