Le miel : la cicatrisation miracle (2/2)

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La cicatrisation de plaies plus ou moins graves, aigües ou chroniques par une thérapeutique au miel a été démontrée par diverses recherches scientifiques. Comme vu dans la première partie de l’article, la cicatrisation a des phases successives et interdépendantes.

Le miel agit en effet sur chacune d’elle pour en accélérer le processus, grâce à ses propriétés cicatrisantes évidentes. Son application sur des plaies quel qu’en soit l’origine et la gravité, même face à des bactéries multirésistantes, produit l’effet recherché, tant par son action anti-inflammatoire et antiseptique que par son pouvoir osmotique et bactéricide.

Pour mieux comprendre et s’imprégner de ce phénomène de cicatrisation miracle par une thérapie au miel, un focus sur des études – celles du Pr. Descottes au CHU de Limoges – et mes expérimentations en milieu professionnel, auprès de patients volontaires, seront présentées dans cet écrit. Nous évoquerons également les miels les plus indiqués dans ce processus, dont les propriétés de cicatrisations ont été établies.

Le Dr Descottes mets le miel thérapeutique au goût du jour

Le Pr Descottes, précurseur de l’utilisation du miel en milieu hospitalier en France décidait de faire du miel leur principal médicament dans les soins de plaies dans son service de chirurgie digestive dont il en est le chef.

Pour ne citer qu’une étude prouvant son efficacité, 500 cas de patients étaient porteurs de plaies diverses en chirurgie viscérale. L’équipe infirmière du service avait au programme de soins des plaies de kystes sacrocoxygiens, des emplacements de colostomie (abouchement du colon au niveau abdominal), des plaies accidentelles, et à moindre mesure, des ulcères variqueux (lésions cutanées dues  à des troubles de circulation du sang) ou des escarres (lésions de la peau par manque d’oxygène suite à une pression prolongée sur un plan dur).

Les résultats furent stupéfiants. En effet, pour 90% d’entre eux la fermeture des plaies se faisait de façon spectaculaire en quelques jours seulement. Le miel utilisé pour cette expérimentation était du miel de thym.

Mes expérimentations

Étant intrigué par les effets rapides d’une cicatrisation naturelle, j’ai décidé au cours de ces dernières années de faire mes propres expérimentations. J’ai donc eu l’opportunité de prendre en charge quelques patients, qui étaient d’accord pour effectuer les soins par pansements au miel, sans désinfection préalable de la plaie, comme il convient pourtant de faire selon les règles d’hygiènes en vigueur.

La première concernait une brûlure au 3ème degré de la paume de main d’une petite fille alors âgée de 3 ans. Des pansements ont été changés quotidiennement 10 jours durant. Alors que les médecins lui prévoyaient une altération de mobilité de 10% due à une perte de quelques fragments de l’épiderme, ainsi qu’un pansement entre 25 à 30 jours, celle-ci a récupéré la totalité de ses mouvements, provoquant par-là même l’étonnement du chirurgien.

Ma seconde expérimentation concernait pour sa part le soin d’une plaie post-chirurgicale de la phalange supérieure de l’index, occasionnant une perte d’une partie de celui-ci. Un soin de renouvellement de pansement était prévu tous les deux jours jusqu’à cicatrisation. Alors que dans d’autres cas de plaies profondes, il fallut renouveler le pansement durant approximativement 40 jours, il n’a fallu que 9 pansements pour que la plaie soit refermée totalement et fermement, soit 18 jours, avec toujours autant d’étonnement de la part du corps médical lors de la consultation de suivi.

Ma troisième expérimentation concernait quant à elle le soin d’une suture d’une plaie post-chirurgical de l’ablation du prépuce d’un enfant de 5 mois dans le cadre d’une circoncision. Le soin programmé était le changement du pansement une fois par jour.

Il est à noter que le risque infectieux à cet endroit est accentué, eu égard à la présence d’urine et de selles dans la couche notamment. Alors qu’une cicatrisation est habituellement complète entre 7 à 10 jours, celle-ci est apparue au bout de 4 jours seulement ; sans débris nécrotiques présents, ni inflammations.

Le miel que j’ai utilisé pour ces 3 expériences était du miel de thym.

Une remarque importante, bien que ces expérimentations ne soient pas des recherches scientifiques encadrées, elles n’en restent pas moins un moyen efficace de prouver une amélioration de la vitesse de cicatrisation.

Quelques miels efficaces face aux plaies

Quels sont donc les miels les plus indiqués, ceux dont les principes actifs sont plus à même d’améliorer la cicatrisation ? Il existe plusieurs miels dont les propriétés ont fait leurs preuves. Le miel de thym tout d’abord.

En effet, son rôle antiseptique est plus évolué que les autres, du fait d’une forte teneur en a thymol et le carvacrol, deux acides aminés, dont le caractère antimicrobien a été démontré. Son rôle bactéricide également, dû à un pH plus faible (4.05) un milieu plus acide donc, qui est par conséquent moins adapté au développement des bactéries.

De nombreuses études sur le miel de Manuka, provenant de Nouvelle-Zélande, ont vu le jour. Celles-ci ont démontrés une forte présence en methylglyoxal (MGO), allant jusqu’une concentration mille fois supérieure à un miel dont l’origine est différente. Ce composé chimique préalablement cité, a été identifié par le Pr Molan comme étant le principal actif antibactérien du miel, luttant notamment contre des germes multirésistants aux antibiotiques de pharmacies, tel que le staphylocoque doré sur Streptococcus pyogenes, Escherichia coli et Pseudomona aeruginosa

Celles-ci ont ainsi démontrées ses nombreuses propriétés cicatrisantes, antimicrobiennes et anti-inflammatoire. Il en est de même pour le miel de Lavande (antiseptique et cicatrisant), le miel d’Eucalyptus (antiseptique) et le miel de Sarrasin (cicatrisant).

Conclusion

Les spécificités du miel sont donc nombreuses tout comme les études menées pour prouver ses bienfaits. Ne se laissant pas emporter par le doute, Le Pr Descottes eut totalement confiance en ses vertus antiseptiques, anti-inflammatoires et cicatrisantes, et a de ce fait adopté des protocoles au sein de son service avec des résultats remarquables.

Ces études menées m’ont donné envie de revoir mon rôle auprès des patients, en leur proposant des soins au miel pour tout type de plaies, et cela a été une franche réussite, avec notamment une cicatrisation 2 à 3 fois plus rapide et efficace pour chacun des 3 cas présentés.

Il y a pourtant une faible relation de confiance avec les produits naturels ; et c’est cette confiance qui  nous fait cruellement défaut aujourd’hui. Le miel n’est pas vendu dans une boite hermétique, avec une notice et une longue liste d’indications et d’effets secondaires encadrés par la pharmacopée, que nous tentons tant bien que mal de lire pour nous rassurer. Il existe donc encore une barrière à franchir, celle du scepticisme face aux bienfaits des produits naturels sur notre santé.

Cette méfiance serait bien plus à même d’être portée sur ces médicaments courants que nous utilisons par automatisme sans jamais questionner le bien fondé de cet usage et, par-dessus tout, sans interroger les risques auxquels ils nous exposent.

Je vous encourage à vous faire votre propre opinion en testant par vous-même le miel sur les petites plaies du quotidien, les brûlures, les boutons d’acné ou encore les aphtes, afin vous convaincre que oui, il est possible de se soigner autrement.  

¹ : UNAF magazine, Apithérapie 2000, numéro spécial apithérapie p34

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Auteur : Naïm Hanane

Infirmier Diplômé D’Etat (I.D.E) / Praticien en ventouses (Hijama) / Blogger et intervenant sur le site Miel et vertus.